Par Peter Hossli
Je désapprouve une grande partie de ce que défendait l’activiste conservateur Charlie Kirk (1993–2025) – son affirmation selon laquelle l’homosexualité n’est qu’un mode de vie, ou encore sa position voulant que l’avortement soit interdit même en cas de viol. Pourtant, je me bats de toutes mes forces pour que de telles opinions puissent être exprimées. Car ce n’est qu’ainsi que je peux les combattre.
Sans liberté d’expression, aucune démocratie ne peut survivre. C’en est le pilier essentiel. Charlie Kirk, assassiné cette semaine, avait bâti sa carrière sur ce fondement.
Ce n’était pas un lâche qui publiait des thèses sur Internet avant de disparaître. Il pratiquait la politique au sens le plus noble du terme et recherchait la confrontation. Inlassablement, il parcourait les universités pour se mesurer verbalement à ceux qui pensaient autrement que lui. Débattre avec lui n’avait rien d’agréable. Ses arguments étaient tranchants, son verbe acéré. Seuls les plus brillants pouvaient lui tenir tête.
Se disputer avec son propre reflet
Sa devise semblait accueillante: «Prouvez-moi que j’ai tort !» Cela le distinguait de ceux qui refusent d’échanger avec des contradicteurs et fuient les discussions dès que leurs interlocuteurs ne leur conviennent pas. Une telle attitude moralisatrice étouffe tout débat. Ceux qui pensent ainsi pourraient tout aussi bien se disputer avec leur propre reflet.
Qu’est-ce qui renforce une société, sinon le dialogue et la confrontation ? Les arguments dangereux ne deviennent réellement dangereux que lorsqu’on les interdit et qu’ils continuent de fermenter dans la clandestinité. Dans une communauté libre, c’est le marché des idées qui doit prévaloir – et, au final, c’est l’argument le plus solide qui l’emporte.
Mais ceux qui font taire les arguments par des balles détruisent la démocratie.